Je m'appelle Jonathan WUHRLIN, et je vis à Bourail. Cela, vous auriez pu le voir par vous même rien qu'en lisant les informations qui me concernent, alors voici ma vraie histoire :
« A ma naissance, mon nom était Taofilea NETI. Oui, celui qui m'a reconnu n'est pas mon père biologique, et je l'ai appris que l'année dernière. Je ne connais que le nom de mon père biologique, et cela ne me suffit que peu... Mes parents, ceux qui m'ont élevé, ne m'ont jamais rien dit, espérant qu'à l'aube de mes 18 ans, je saurais faire la part des choses. Cela dit, j'aurais bien voulu être assez fort pour le prendre de façon réfléchie et mâture, mais que voulez vous ? Je ne suis en fait pas aussi fort que ce qui est démontré dans mes actes ou autres. Quoiqu'il en soit, je m'en vais régler certains points, certains comptes que je n'ai pas à rendre... Tu te reconnaîtras, toi qui m'a insulté de bâtard : Oui, je suis un bâtard dans toute sa splendeur, OUI je n'ai pas été reconnu par mon père, OUI il semblerait que tu ne mesurais pas la portée de ton acte, car ce mot fait parti entière de ce qui est pour moi un mot tabou : pas pour toi ? OUI, je n'ai pas la chance de vivre avec celui qui m'a donné vie, mais ne t'avise plus jamais d'inclure un seul membre de Facebook dans ce genre de viles éviscérations morales, et encore moins UN MEMBRE DE MA FAMILLE ! Cela devrait t'avoir été enseigné alors même que tes parents t'apprenaient à marcher, à parler, à ranger tes affaires... Mesure un peu l'importance de ce que tu fais, car tout le monde n'a pas la possibilité de dire aussi facilement Bâtard. Cela fait parti intégralement de mes souffrances qui m'accompagnent. Deuxièmement, vous aurez remarqué que je suis efféminé, et cela, je n'ai pas honte de l'écrire. Si je te fais honte, si tu as honte de me voir, si tu te moques ouvertement de ce qu'un efféminé vit, lis bien ce qui va suivre, c'est peut-être la première fois et la dernière que tu verras un Efféminé, un vrai, te l'expliquer, avec en tant qu'exemple sa propre expérience de la vie qui se veut largement, irrévocablement plus étouffante que la tienne. Imagine toi tout d'abord que tu es dans un style de vie dont le contexte général est que l'homme est le mâle, celui qui est censé te montrer qu'il a quelque chose entre les jambes, celui qui n'a peur de rien, celui qui exerce sa trop grande fierté ou qui déverse son imposante virilité sur tout ce qui bouge [vision très répandue, parfois un peu trop généralisée et inculquée trop tôt dans des esprits trop jeunes]... En bref, imagine toi avoir toutes les caractéristiques au monde pour être un homme, un vrai, et qu'à l'intérieur ça déconne, tu ne te sens pas être ce qui est attendu de toi. Déjà, tu te poses des questions. Ensuite, tu as le problème de la famille, toujours présente où que tu ailles : Vont ils m'accepter tel que je suis ? Encore des questions. Si ta famille se refuse à t'accepter comme tu es, là déjà, cela représente un danger pour toi, puisque ta famille est le appui sur lequel tu peux rebondir pour aller vers les autres, et sur lequel tu peux retomber en cas de coup dur. A la maison, dans ce cas là, ça ne va pas. Alors imagine quand tu vas en ville, ou quand tu vas à l'école ?! Peux tu imaginer rien qu'une seconde tout ce qui se passe dans une journée dans la peau d'un efféminé ? Tout d'abord, tu te réveilles, remerciant le Seigneur de te permettre de vivre... Ensuite tu t'enchaînes les reproches récurrents de ta famille... Quel dommage, ma journée avait si bien commencé. Ensuite tu arrives au collège ou au lycée : ils TE regardent TOUS ! Que ce soit volontaire, cela te met mal à l'aise, une fois de plus. Mais tu gardes la foi, pensant qu'ils vont finir par t'oublier : et non, fausse route, puisque tout au long de ta journée, tu te frottes à l'homme que j'ai décrit plus haut, et le pire, c'est que eux ne lâchent pas l'affaire... Ils te bousillent l'esprit te reprochant de ne pas être comme eux. « Mais lâchez moi ! » tu te dis intérieurement, (et cela vaut mieux, si tu veux revoir les reproches de ta famille en fin de journée). Tu te mets alors à te maudire toi même, reprochant même à Dieu, à tes amis, à ta famille de ne pas t'aider plus que ça... Mais après tout, ce n'est pas de leur faute, cela ne vient que de toi... Cela doit être vrai, puisqu'ILS te le disent tous. Accumulant toutes ces questions et tous ces reproches, tu rentres chez toi, et là-bas tu craques littéralement, pleurant seul sans pouvoir en parler à qui que ce soit, mais tu remercies quand même le Seigneur avant de dormir de t'avoir permis de vivre... Quoi ? La souffrance, mais cela pour toi n'est pas un reproche, puisque la souffrance semble représenter l'infime espoir de la compassion, celle dont tu as tellement besoin... IMAGINE TOI que j'ai vécu ça pendant plus de 15 ans, chaque soir étant son propre lot de larmes solitaires ! Je peux te dire à toi qui lis et qui est un homme, tu ne peux pas savoir à quel point je t'envie... Tu ne peux pas imaginer tout ce que je serais capable de donner pour avoir vécu le bonheur d'être un homme, un vrai. Mais cela, tu ne dois pas le comprendre. Tu n'es pas moi, et tu n'as sûrement pas envie, ou peut être plus DU TOUT envie d'être à ma place. Cette souffrance pourtant, je me suis décidé à ne jamais la montrer... Faire face avec ceux que j'aime, forçant ma famille à m'accepter, peu importe les conséquences. Je continue à me faire insulter, mais au lieu de LEUR répondre par la pareil, je préfère LEUR expliquer de façon plus diplomate que je n'ai pas demandé à être un bâtard, une pédale. Ça doit vraiment faire peur de voir un monstre comme moi, non ? Un wallisien bâtard-pédale, ça ne me donnerait pas envie de le connaître, franchement. Si vous trouvez que je suis dur envers moi-même, ne vous en étonnez pas, ce n'est que le résultat d'un long et douloureux constat : il faut choquer pour faire comprendre certaines choses. C'est la première fois de ma vie que j'écris autant pour des personnes que j'aime, et pour ceux qui m'ont comme ami que pour remplir leurs listes... Je vous en prie, si vous ne voulez vraiment pas m'avoir comme ami, merci de me supprimer... je ne vois pas l'intérêt de se voiler la face plus longtemps. Tous ceux qui sont dans MA liste d'amis sont pour moi des gens qui ont une histoire, plus ou moins intéressante que la mienne... J'ai l'espoir de pouvoir la connaître avant de réveiller en moi des préjugés injustes et blessants, et j'entreprends de faire le premier pas avec ce texte, fait avec des larmes, des souvenirs éveillés, de la rage contenue que très difficilement, mais aussi et surtout beaucoup de foi. Car malgré tout ce remue-ménage intérieur, je crois en Dieu, celui qui console le plus perdu des hommes, je crois au bonheur commun, je crois au repos intérieur, je crois en toi qui lis ce qui m'est si douloureux, je crois en la force de la foi, je crois en ma vie, en la tienne et ce qu'elles peuvent toutes les deux s'apporter... »
Sincèrement et Amicalement, Jonathan, celui qui ne cesse de croire.

